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Rembrandt Buggati
BUGATTI REMBRANDT
Né le 16 octobre 1884 à Milan. Mort en janvier 1916 à Paris, par suicide. XXe siècle. Actif aussi en France. Italien.
Sculpteur de groupes, statues, animaux, dessinateur. Précurseur Art-Déco.
Il était le deuxième fils de Carlo Bugatti, sculpteur et peintre ornemaniste. Dès l’enfance, avec son frère aîné Ettore, qui deviendra le célèbre constructeur de voitures, ils travaillèrent le bois et le métal dans l’atelier de leur père. Dès l’âge de douze, le sculpteur prince Troubetzkoï l’acceptait dans son atelier. Il fut également élève de l’Académie Brera de Milan. En 1904, après qu’il eut participé à quelques Salons, il présenta sa première exposition personnelle, dans laquelle figurait une de ses compositions les plus ambitieuses : L’Entrée du marché aux chevaux. À partir de 1910, il exposa à Paris, aux Salons de la Société Nationale des Beaux-Arts et d’Automne. Il fut fait chevalier de la Légion d’Honneur. Il s’était lié par contrat avec Hébrard, propriétaire d’une galerie et d’une fonderie. Il semble que ce contrat le réduisait à une grande gêne. En 1907, il s’exila à Anvers, où il trouva l’un des zoos les plus riches d’Europe, et les plus accueillants aux artistes. Pourtant ses difficultés financières persistaient. La guerre de 1914 le rappela en Italie, puis en France. En janvier 1916, il se suicida par le gaz dans son atelier du 3 de la rue Joseph-Bara à Montparnasse.
Il a pratiqué presque uniquement la technique de la fonte en cire perdue, presque toujours due à la fonderie Hébrard. Il s’est consacré à l’étude des animaux, s’attachant aux chevaux de trait et aux fauves qu’il observait dans les jardins zoologiques de Paris et d’Anvers. Il préférait les figurines aux grandes œuvres, pratiquant une sorte d’impressionnisme sculptural, apte à évoquer le dynamisme latent dans les mouvements figés, partageant le même souci que Médardo Rosso, mais aboutissant à des volumes apparentés au cubisme ambiant, précurseurs du style « Art Déco ».
Rembrandt Bugatti n’atteignit pas l’âge de trente-et-un ans, il a laissé pourtant plus de deux cents bronzes et quantité de dessins, consacrés à l’ensemble de la faune terrestre, depuis le chat familier jusqu’aux plus grands éléphants, sans omettre l’homme dans sa puissance physique ni la femme dans sa gracilité. Contrairement à Barye et à la plupart des animaliers, il se refusa toujours à montrer quelque animal que ce soit dans les attitudes de la brutalité. Hébrard continua à exposer ses œuvres après sa mort, puis il tomba dans l’oubli. Il fut redécouvert dans les années cinquante et les expositions posthumes se sont multipliées depuis.
BIBLIOGR.
Mary Harvey : The Bronzes of Rembrandt Bugatti, Londres, 1979 – Philippe Dejean : Carlo-Rembrandt-Ettore-Jean Bugatti, New York, 1982 – Jacques Chalom des Cordes, Véronique Fromanger des Cordes : Rembrandt Bugatti – la vie et l’œuvre, le catalogue raisonné, Édit. de l’Amateur, Paris, 1987.
MUSÉES
Lausanne (Mus. canton. des Beaux-Arts) : Lice et ses petits (Chienne braque et ses petits) vers 1904 – Paris (Mus. Nat. d’Art Mod.) : Petit éléphant.
VENTES PUBLIQUES
Paris, 27-28 nov. 1937 : Jaguar accroupi, bronze : FRF 360 – Paris, 17 mars 1938 : Panthère marchant, bronze fonte cire perdue : FRF 1 750 – Paris, 5 juil. 1943 : Cerf et faon, bronze fonte cire perdue : FRF 7 400 – Paris, 18 jan. 1950 : Lionne marchant, bronze cire perdue : FRF 21 000 – Paris, 29 oct. 1962 : Ibis, argent massif : FRF 1 500 – Versailles, 15 déc. 1963 : Animaux, suite de 23 bronzes cire perdue : FRF 33 000 – Paris, 17 juin 1965 : Le Cerf, bronze cire perdue : FRF 10 000 – Londres, 7 déc. 1966 : Chat buvant du lait, bronze : GBP 950 – New York, 26 oct. 1967 : Panthère, bronze cire perdue : USD 1 300
