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« Soyons forts et unis »

Tsuguharu puis Léonard FOUJITA

Né le 27 novembre 1886 à Edogama (près de Tokyo), baptisé en 1959. Mort le 29 janvier 1968 à Zurich. XXe siècle. Depuis 1955 naturalisé en France. Japonais.

Peintre de sujets religieux, compositions animées, figures, nus, portraits, animaux, paysages urbains, natures mortes, aquarellistes, fresquiste, peintre de décorations murales, cartons de vitraux, graveur, lithographe, dessinateur, illustrateur, décorateur.

Fils de samouraï, il perd sa mère à l’âge de cinq and ; il est élevé par sa soeur aînée. Il fut élève de l’Ecole impériale des Beaux-Arts de Tokyo à partir de 1915. Récompensé très jeune aux expositions japonaises, favorisé de l’achat d’une de ses oeuvres par l’Empereur, appelé à peindre le portrait du Souverain de Corée (Portrait de l’Empereur de Corée, 1911), Foujita semblait promis à une éclatante carrière nationale. Mais il entendit l’appel de l’Occident.

Ayant étudié la peinture européenne, notamment les avant-gardes françaises, il se rendit à Paris en 1913. L’année suivante, il fit un court passage à Londres, où il exerça divers métiers. De retour à Paris en 1915, il s’installa Cité Falguière. Il devint vite une des figures pittoresques de Montparnasse. Il rencontre aussi Picasso, préférant chez lui les oeuvres du Douanier Rousseau, qu’il possédait, quelle cubisme qui ne le tenta qu’un court moment. Il noue aussi des relations amicales avec Soutine, son voisin. En 1926, l’Etat lui achète une toile : L’Amitié. En 1928, il réalisa le décor pour une pièce japonaise jouée au théâtre de l’Odéon. En 1929, il quitta Paris, y revint l’année suivante. Mais de 1930 à 1950, il partagera sa vie entre des voyages où il rencontre succès et estime : en Angleterre, Belgique, Hollande, Suisse, Italie, Allemagne, Etats-Unis…, et ses deux capitales affectives : Paris, et Tokyo, où il construira un atelier en 1934 et une maison en 1938.

L’Etat japonais lui confia des responsabilités, l’envoyant en Mandchourie en tant qu’attaché artistique du ministère de l’Armée de terre, où il effectua selon certains un travail de propagande en faveur du militarisme de son pays. En 1949, Foujita part aux Etats-Unis, invité comme professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Brooklyn. En 1950, il s’établit une nouvelle fois à Paris. En 1951, il fit don de quatre toiles au Musée National d’Art Moderne. En 1955, il adopta la nationalité française. Bouddhiste, il se convertit au catholicisme et se fit baptiser à 73 ans, à la cathédrale de Reims, du nom de Léonard, en hommage à Vinci. Il commence à travailler, à partir de 1965, à l’édification et à la décoration (fresques et vitraux) de la chapelle Notre-Dame de la Paix à Reims, où il est enterré.

Sa première exposition à Paris date de 1917, Galerie Chéron. Il occupa le devant de la scène artistique lors de ses envois au Salon d’Automne, à Paris, notamment à celui de 1921, où il exposa un autoportrait, une nature morte et un nu qui furent très bien accueillis par la critique. Il participa aussi au Salon des Tuileries. Parallèlement, entre 1930 et 1950, il exposa dans plusieurs Salons au Japon. Il effectua la décoration du Pavillon japonais de la Cité universitaire de Paris. Il a également réalisé une décoration au Cercle interallié, et avec Duffy, en 1937, décore le bar du Palais de Chaillot.
Au Japon, il a exécuté plusieurs décorations murales : pour les grands magasins Sogo à Osaka (1935), pour la Maison franco-japonaise à Kyoto (1936), pour la maison du collectionneur Masakichini Hirano à Atika (1937), qui deviendra plus tard le Musée Foujita. Il est élu en 1924 membre de l’Académie des Beaux-Arts de Tokyo. Foujita fut nommé chevalier de la Légion d’honneur de France. Le gouvernement japonais lui décerna, à titre posthume, le titre de l’Ordre du Trésor Sacré.

Il a publié deux albums : Nus et Les Enfants, les Chats. Il en a illustré de nombreux : Chansons de Geishas - L’Honorable partie de campagne, de T. Raucat (Paris, 1927) ; L’Oiseau noir dans le soleil levant, de P. Claudel ; Propos d’un intoxiqué, de J. Boissière ; La Troisième Jeunesse de Madame Prune et Madame Chrysanthème, de P. Loti (Paris, 1926) ; Les Divertissements d’Eros, de Brindejonc-Oftenbach ; Poèmes de jalousie, de C. et L. Goll ; Les Huts Renommées, de Kikou Yamata (Paris, 1927) ; Barres Parallèles, de M. Vaucaire ; Amal et la lettre au Roi, de R. Tagore ; Le Dragon des Mers, de Jean Cocteau (Paris, 1925), etc.

Les premières aquarelles de Foujita témoignent de l’influence d’artistes tels que Marie Laurencin, et de son ami Modigliani. Dessinateur d’une rare souplesse, peintre ami de la grâce, il use de procédés assez proches de ceux des artisans de son pays, couvrant peu ses toiles, usant du tampon autant que du pinceau. L’ensemble de son oeuvre est marquée par des périodes distinctes soumises à des influences occidentales : naïves (Bauchant, entre autres), expressionnistes (Dix), et proprement historiques, certaines de ses oeuvres témoignent d’une grande connaissance de la peinture des siècles passés. Néanmoins, Foujita laissera toujours une large place au décoratif délicat de l’art traditionnel japonais. Foujita, peintre « différent des autres parce que - disait-il - je suis japonais et myope », exécuta de nombreux autoportraits, amoureux de lui-même mais aussi des femmes : ses nombreux nus féminins seront très appréciés pour l’érotisme de leurs formes avantageuses. Il dessina des fillettes aux yeux légèrement bridés, des fleurs, ses chats tigrés, quelques natures mortes (lunettes, encre de calligraphie, pendules…), puis après sa conversion au catholicisme un nombre plus important de tableaux religieux. Figure coqueluche du Paris des années folles, prisé par les milieux mondains, Foujita prend alors comme modèle la légendaire Kiki de Montparnasse, Olga la femme de Picasso, Gertrude Stein, et des femmes du monde… Toujours adroit, avec encore du panache, il continuera d’exécuter des oeuvres qui, à partir de son deuxième retour à Paris, et malgré la qualité de ce célèbre trait dont il était lui-même si fier, ne seront en fait qu’une suite de productions devenue à force répétitive. Il aura surtout découvert l’art français vivant, un peu comme les artistes français avaient, un demi-siècle plus tôt, découvert l’art japonais classique. Ce qui revient à dire que Foujita fut aussi le créateur d’un art capable de séduire par sa part de modernisme occidental appuyé sur une tradition japonaise, et d’un art « qui a rendu aux écoliers du Japon l’audace de peindre en Japonais » (A. Salmon).

Christophe Lachaux antiquaire
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