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« Soyons forts et unis »

Victor François TARDIEU

Né le 30 avril 1870 à Lyon. Mort le 12 juin 1937 à Hanoï. XIX°-XX°siècles.
Depuis 1921 actif en Indochine. Français.
Peintre de compositions animées, scènes de genre, figures, portraits, intérieurs, paysages urbains, marines, peintre de compositions murales, cartons de vitraux.
D'une famille de négociants en soierie, son père avait d'abord été dessinateur de tissus, peignant quelques tableaux de fleurs. Victor Tardieu fut, très jeune, élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon. Vers 1889, il vint à Paris, où il fut élève de Bonnat et de A.Maignan. En 1914, ayant dépassé l'âge d'être mobilisé, il s'engagea comme simple soldat, se retrouvant durant quatre années à diverses affections, notamment à Verdun. En 1921, lui fut décerné le Prix de l'Indochine : le séjour, prévu six mois, allait se prolonger pour le reste de sa vie. Victor Tardieu fut chargé de la création, puis de la direction à partir de son ouverture en 1925, de l'Ecole des Beaux-Arts de l'Indochine, à Hanoï, charge qui le passionna, mais l'absorba au point de compromettre prématurément la suite de son activité de création.
Il exposait au Salon des Artistes Français, y obtenant les distinctions d'usage. Depuis 1960, l'oeuvre de Victor Tardieu est redécouvert, en même temps que nombre de ses contemporains, au titre de ce que l'on appelle les "petits maîtres". La redécouverte est juste en soi, cependant un examen plus attentif du cas de Victor Tardieu le différencie des autres. S'il avait jusque-là échappé à l'attention, c'est parce qu'on le situait mal dans son temps. A cela deux causes : son oeuvre se scinde en plusieurs périodes et plusieurs manières, parfois très différentes les unes des autres, ce qui n'est jamais bon pour le renom et la carrière, favorisés pour les artistes les plus typés ; ensuite les séries les plus spontanées et les plus audacieuses n'avaient presque pas été montrées, le peintre lui même les ayant souvent considérées comme des études préparatoires, ne les signant que rarement, comme hésitant à assumer ses propres hardiesses.
Vers 1889, il réalisa des cartons de vitraux pour des églises et des monuments publics, notamment le vitrail de la salle des fêtes de l'Hôtel de Ville de Dunkerque, représentant Le Retour de Jean Bart dans sa ville natale. Pendant ce temps, il s'était détaché de l'enseignement académique, avait été attiré par les idées sociales répandues par les romanciers naturalistes et propagées chez les artistes depuis Millet, Daumier, jusqu'à Constantin Meunier, et peignit, entre 1898 et 1905, l'activité de nombreux ports européens : Londres, Liverpool, Gênes, y mettant en valeur l'effort des hommes, silhouettes brossées d'un trait en premier plan de l'enchevêtrement des navires et de leurs mâtures, indiqués en touches amples au travers du brouillard et des fumées, avec une techniques intermédiaire entre les impressions de Monet et la prestesse synthétique de Marquet, éclaircissant sa palette, à l’occasion du séjour à Gênes, et sous l'influence des impressionnistes, desquels il retenait plus la leçon de "plein air" que la touche divisée. En 1902, lui fut décerné le Prix National, pour une composition de plus de dix-huit mètres carrés, représentant, dans un jeu contrasté et très animé des ombres, de la lumière et des fumées, l'effort d'une équipe d'ouvriers d'un chantier de construction, répartis selon une remarquable composition en diagonale. A peu près dans le même temps, il bénéficiait de commandes officielles, par exemple le plafond de la salle des fêtes de la mairie des Lilas, qui commençaient à constituer la partie policée de son oeuvre et la plus vue ; d'autant qu'il envoyait également au Salon des scènes de genre ou d'intérieur, d'une facture respectueuse de la tradition, ou des portraits, notamment celui du poète symboliste Jô Pâle, ou le Portrait de Madame Rozier et de ses enfants. Entre 1907 et 1913, parallèlement à ses travaux décoratifs, il peignit, surtout pendant les étés, un grand nombre d’œuvres, généralement de très petit format, consacrées à la vie familiale dans le jardin d'une maison de la campagne lyonnaise, où l'on reconnaît souvent sa femme et leur jeune fils, scènes intimistes dans le jeu alterné des taches du soleil et de l'ombre selon les diverses heures de la journée, dans la confidence desquelles il osait être, au-delà du postimpressionnisme et du nabisme, tenté par le fauvisme à quoi il refusait la partie officielle de son oeuvre. Puis, du champ de bataille il rapporta de nombreuses pochades qui réussissent à concilier la qualité picturale d'une facture exceptionnellement pressée, avec un intérêt documentaire rare sur les paysages du Nord dévastés, les villes bombardées, des cantonnements de soldats, des ambulances, etc. Après la guerre, il reçut de nouveau une commande pour un plafond pour la mairie de Montrouge. En 1924, à Hanoï, Victor Tardieu accepta la commande de la décoration du grand amphithéâtre de l'Ecole de Médecine d’Hanoï, qui, avec une composition serrée, de soixante-dix-sept mètres carrées, allait l'accaparer de 1922 à 1924.
Heureusement, comme toujours, parallèlement à la commande officielle, il consignait sur quantité de petits panneaux tout l'intérêt passionné qu'il ressentait devant les paysages mélancoliques des montagnes d'Annam, les rues animées de Saîgon ou d’Hanoï, l'activité intense des pêcheurs et des petits artisans qui peuplent les jonques du Fleuve Rouge, ayant eu l'instinct profond d'éviter les bariolages d'un orientalisme de surface pour l’intériorité d'une gamme sobre de bruns et d'ocres. Des travaux semblables à celui d'un Gérald Schurr ont permis de remettre à la place qui leur est due quelques artistes d"une période charnière, de l'oeuvre desquels la seule facette publiquement osée avait dissimulé les confidentielles richesses, telles les quatre grandes séries parallèles aux travaux officiels de Victor Tardieu : les ports, les scènes intimistes au jardin, les instantanés de la guerre, les impressions d'Indochine, dans lesquelles il s"exprima alternativement, sans oser se le dire, parallèlement au postimpressionnisme, au nabisme, au fauvisme, tel qu'en lui-même.

Christophe Lachaux antiquaire
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